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Soins palliatifs à domicile : quelle fréquence de passages de l'infirmière est possible chaque jour ?

27/08/2026
Soins palliatifs à domicile : quelle fréquence de passages de l'infirmière est possible chaque jour ?
Jusqu'à 5 passages infirmiers par jour remboursés en palliatif à domicile. Nuit incluse, coût nul via le tiers payant

Oui, une infirmière peut intervenir plusieurs fois par jour au domicile d'un patient en soins palliatifs — et ces passages sont remboursés quasi intégralement grâce à la nomenclature INAMI. Beaucoup de familles craignent pourtant de ne pas pouvoir offrir à leur proche un suivi comparable à celui d'un hôpital ou d'une maison de repos. La réglementation belge prévoit un cadre clair, progressif et financièrement accessible, à condition d'activer le statut palliatif dans les temps. À Couvin et dans toute la Province de Namur, le cabinet Ancart Buttignol accompagne les patients et leurs proches dans cette démarche, en lien étroit avec les ressources locales comme PalliaNam et le portail soinspalliatifs.be. Cet article vous explique concrètement ce que la loi autorise, combien cela coûte, et comment vous organiser.

Ce qu'il faut retenir
  • L'INAMI rembourse jusqu'à 5 passages infirmiers par jour en soins palliatifs à domicile, y compris les visites de nuit planifiées et urgentes, via des pseudocodes spécifiques par forfait (PA, PB, PC, PP, PN).
  • Le statut palliatif supprime le ticket modérateur pour les soins infirmiers, les visites du médecin et la kinésithérapie, et ouvre droit à un forfait mutualité de 827,99 € pour 30 jours (renouvelable une seule fois, soit un plafond de 1 655,98 € — montant indexé annuellement).
  • Grâce au système du tiers payant chez un prestataire conventionné avec le statut palliatif activé, le reste à charge est nul pour les soins infirmiers à domicile — la famille ne paie rien lors de chaque passage.
  • Toute infirmière attestant des soins palliatifs doit avoir suivi une formation spécialisée obligatoire de 150 heures (Arrêté ministériel du 8 juillet 2013), une garantie concrète de qualité comparable à celle d'un établissement spécialisé.

Combien de passages par jour sont autorisés et remboursés par l'INAMI ?

Des forfaits journaliers progressifs selon la dépendance du patient

La fréquence des passages de l'infirmière en palliatif à domicile dépend directement du niveau de dépendance du patient. L'INAMI prévoit trois niveaux de forfaits palliatifs — PA, PB et PC — qui correspondent aux forfaits classiques A, B et C, majorés d'un montant spécifique lié au caractère palliatif de la prise en charge. Plus la dépendance est importante, plus le forfait journalier augmente. Il existe également deux forfaits spécifiques, PP et PN, destinés aux patients palliatifs qui ne remplissent pas les critères de dépendance des forfaits A, B ou C. Le forfait PP est un supplément palliatif attestable en dehors du cadre des forfaits classiques, tandis que le forfait PN couvre les soins de nuit et urgents pour ces mêmes patients. Ces deux forfaits concernent donc les patients palliatifs moins dépendants physiquement — une situation souvent ignorée des familles qui croient à tort que les avantages financiers ne s'appliquent qu'aux grands dépendants.

Cette évaluation repose sur l'échelle de Katz, un outil qui mesure six critères concrets : la capacité à se laver, s'habiller, se déplacer, aller aux toilettes, contrôler sa continence et se nourrir seul. Chaque critère est coté selon un score de dépendance. Un score élevé oriente vers un forfait PC, le plus complet.

Le statut palliatif constitue la clé d'accès à l'ensemble de ces forfaits. Une fois activé, il supprime le ticket modérateur pour les soins infirmiers, les visites du médecin généraliste et les séances de kinésithérapie. Il ouvre également droit à un forfait mutualité de 827,99 € pour 30 jours (renouvelable au maximum une seule fois, soit un plafond total de 1 655,98 €), destiné à couvrir les médicaments, le matériel de soins et les dispositifs médicaux. Ce montant est indexé chaque année — il s'élevait à 801,23 € en janvier 2024 avant d'être porté à 827,99 € — et la famille doit vérifier le montant en vigueur auprès de sa mutualité au moment de la demande. C'est le médecin traitant qui introduit la demande via un formulaire appelé « Annexe 1 », envoyé au médecin-conseil de la mutualité. L'infirmière, de son côté, notifie la mutualité via la plateforme MyCareNet dans les dix jours suivant le début des soins.

À noter : toute infirmière qui atteste des soins palliatifs à domicile à Couvin ou ailleurs en Belgique doit avoir suivi une formation spécialisée obligatoire de 150 heures (soit 180 périodes de 50 minutes), conformément à l'Arrêté ministériel du 8 juillet 2013. Cette formation se répartit entre 100 périodes consacrées aux aspects psycho-médico-sociaux et 88 périodes aux aspects infirmiers spécifiques. Cette exigence réglementaire constitue une garantie concrète de qualité pour les familles qui s'interrogent sur la capacité d'une infirmière à domicile à assurer un suivi comparable à celui d'un établissement spécialisé.

Jusqu'à 5 passages par jour remboursés : comment ça fonctionne concrètement

En pratique courante, les soins palliatifs à domicile s'organisent autour de trois passages quotidiens. Le matin, l'infirmière assure la toilette, l'administration des médicaments et les soins de confort. En milieu de journée ou en début de soirée, elle vérifie la douleur, ajuste les dispositifs médicaux et surveille l'état général. Le soir, elle procède aux soins de nuit, au repositionnement et, si nécessaire, aux injections.

Mais la nomenclature INAMI va plus loin. L'article 8 autorise et rembourse jusqu'à cinq visites par jour, grâce à des pseudocodes spécifiques pour la 3e, la 4e et la 5e visite. Par exemple, pour un patient en forfait A recevant cinq visites en semaine, les pseudocodes à mentionner sont les suivants : 426635, 426650, 426672, 426694 et 426716, en plus des codes correspondant aux prestations techniques réalisées. Le 4e et le 5e passage peuvent toutefois rester à charge du patient si certaines conditions ne sont pas strictement remplies — d'où l'importance d'une prescription médicale précise.

Car c'est un point essentiel : la fréquence des passages doit être explicitement inscrite sur l'ordonnance médicale, avec la nature du soin ET le nombre de visites. Sans cette mention, la mutualité peut refuser le remboursement. L'infirmière référente et le médecin traitant réévaluent régulièrement cette fréquence en fonction de l'évolution de l'état du patient. Par ailleurs, des aides-soignants peuvent réaliser certains de ces passages en délégation, à condition qu'un infirmier gradué effectue au minimum une visite de contrôle par jour — sans quoi les soins délégués ne sont pas remboursables.

Exemple concret : Mireille Fagnoul, 74 ans, vit à Frasnes-lez-Couvin avec son époux Gérard. Un cancer du poumon avancé nécessite une prise en charge palliative. Son médecin traitant a activé le statut palliatif dès la confirmation du pronostic. Résultat : trois passages infirmiers quotidiens (toilette et perfusion le matin, surveillance et gestion de la douleur en début d'après-midi, soins de confort le soir) intégralement remboursés via le forfait PB. Grâce au tiers payant, la famille n'avance aucun frais pour les soins infirmiers. Le forfait mutualité de 827,99 € a couvert l'achat du pousse-seringue et des pansements spéciaux pendant le premier mois, puis a été renouvelé une seconde fois pour couvrir le mois suivant — soit 1 655,98 € au total. Gérard, quant à lui, a opté pour un congé d'assistance à mi-temps (24 mois possibles avec indemnités ONEM), lui permettant de rester présent au domicile entre les passages tout en maintenant une activité professionnelle partielle.

La nuit et les urgences : une couverture infirmière 24h/24, 7j/7

C'est souvent la nuit que les familles se sentent les plus démunies. Pourtant, la réglementation est claire : l'infirmière qui atteste des soins palliatifs à domicile doit être disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour son patient. Ce n'est pas une option ni un engagement moral — c'est une condition réglementaire imposée par l'INAMI. Cette obligation garantit qu'un patient palliatif à domicile bénéficie d'une couverture comparable, sur ce plan, à celle d'un établissement hospitalier.

Visites nocturnes planifiées et urgentes : deux mécanismes distincts

La nomenclature distingue deux types de visites nocturnes, toutes deux remboursées via des pseudocodes spécifiques déclinés par forfait (PA, PB, PC, PP et PN) : les visites planifiées de nuit, prévues à l'avance lorsque l'état du patient l'exige, et les visites urgentes de nuit, déclenchées en cas de dégradation soudaine. Prenons un exemple concret : un patient dont la douleur s'intensifie brutalement vers deux heures du matin. Sa famille n'a pas besoin d'appeler le 112 en première intention. Elle contacte directement la permanence téléphonique de l'infirmière, qui peut déclencher un passage urgent remboursé ou orienter vers le médecin de garde via le numéro 1733.

Une urgence infirmière peut d'ailleurs être déclenchée sur simple prescription orale du médecin, par téléphone. La prescription écrite doit suivre dans un délai de cinq jours. En complément, 28 équipes multidisciplinaires de deuxième ligne, conventionnées INAMI, sont disponibles gratuitement 24h/24 dans toute la Belgique. Pour les familles de la Province de Namur, l'association PalliaNam et le portail soinspalliatifs.be permettent d'identifier et de contacter rapidement l'équipe compétente.

Conseil : entre deux passages infirmiers — notamment la nuit — des bénévoles formés spécifiquement à l'accompagnement palliatif peuvent intervenir gratuitement au domicile pour assurer une présence humaine, offrir du répit aux proches aidants et apporter un soutien psychologique. Cette ressource, souvent méconnue des familles, est mobilisable via les associations palliatives locales comme PalliaNam en Province de Namur. Elle ne se substitue ni aux soins infirmiers ni aux actes médicaux, mais elle permet de ne pas faire reposer la veille exclusivement sur la famille — un soulagement considérable, surtout la nuit.

Qui fait quoi dans la chaîne de soins palliatifs à domicile ?

L'infirmière référente : votre interlocutrice principale

La coordination entre les différents intervenants reste souvent opaque pour les familles. En réalité, le dispositif est structuré. L'infirmière référente est votre interlocutrice principale. C'est elle qui organise les passages, tient à jour le dossier infirmier — où sont consignés l'évolution des symptômes, les scores de douleur et les résultats des concertations interdisciplinaires — et coordonne avec le médecin traitant, les aides-soignants, le kinésithérapeute, le psychologue et les aides familiales.

D'autres infirmiers peuvent intervenir les week-ends, jours fériés ou la nuit. La continuité est assurée grâce à un cahier de liaison conservé au domicile, accessible à tous les intervenants. Chaque passage, chaque observation clinique, chaque modification de traitement y est consigné. Cet outil simple évite toute rupture d'information lors d'un changement d'intervenant.

L'Advance Care Planning : anticiper les souhaits pour fluidifier les soins

Depuis novembre 2022, l'Advance Care Planning (ACP) est remboursé par l'INAMI à hauteur de 93,14 €, intégralement pris en charge. Ce document, formalisé par le médecin généraliste avec le patient, consigne les directives anticipées et les souhaits de fin de vie. Une fois intégré au dossier infirmier, il permet à l'infirmière référente d'adapter les soins au fil de l'évolution de l'état du patient sans avoir à attendre un ordre médical à chaque changement — ce qui réduit concrètement la charge mentale des aidants et fluidifie la coordination. À ne pas confondre avec la prescription médicale, qui reste obligatoire pour chaque acte technique infirmier.

L'équipe de deuxième ligne : un soutien pluridisciplinaire trop souvent sollicité trop tard

L'équipe de deuxième ligne — composée de médecins, infirmiers, psychologue, kinésithérapeute et travailleurs sociaux — intervient en soutien à la première ligne sur demande du médecin traitant. Elle peut être sollicitée par la famille (dans 17 % des cas, la demande émane directement des proches), mais l'accord écrit du médecin traitant reste toujours requis. Ces équipes se réunissent chaque semaine pour analyser les situations sous un regard croisé. Elles peuvent également mettre à disposition du matériel spécifique, comme des pousse-seringues, et former les proches à leur utilisation. La durée moyenne de suivi d'une situation palliative par l'équipe de deuxième ligne est de 63 jours, mais dans 12 % des cas — selon une étude publiée dans la revue Infokara — cette équipe n'est sollicitée que dans la dernière semaine de vie du patient, ce qui réduit considérablement son utilité. Par ailleurs, cette équipe assure un soutien psychologique non seulement au patient et à sa famille, mais aussi aux soignants eux-mêmes, y compris dans le suivi du deuil après le décès — une information rassurante pour les familles qui craignent d'être laissées seules après la fin de la prise en charge.

Domicile, hôpital ou maison de repos : quel cadre choisir ?

Les familles comparent souvent les trois cadres possibles de prise en charge palliative. En Belgique, environ une cinquantaine d'hôpitaux disposent d'une unité palliative spécialisée ; dans les autres, une équipe mobile de soins palliatifs intervient en soutien aux autres services. Les MRS (maisons de repos et de soins) ont une obligation légale de proposer des soins palliatifs, contrairement aux MR simples (maisons de repos sans soins), qui n'y sont pas tenues — bien que les équipes de deuxième ligne puissent intervenir dans les deux types d'établissements. L'avantage spécifique du domicile reste le maintien du patient dans son cadre de vie habituel, évitant le stress et la désorientation liés à l'environnement hospitalier.

Il existe aussi une option intermédiaire encore peu connue : les centres palliatifs de jour. Ces structures offrent une solution de répit aux aidants habituels sans nécessiter une hospitalisation à temps plein. Leur disponibilité varie selon les régions ; le portail soinspalliatifs.be recense les structures accessibles depuis la Province de Namur.

À noter : en termes de coût, le maintien à domicile avec statut palliatif activé reste l'option la plus avantageuse financièrement pour les familles. Les soins infirmiers sont intégralement remboursés (reste à charge nul via le tiers payant), le forfait mutualité couvre le matériel et les médicaments, et les visites du médecin ainsi que la kinésithérapie sont exonérées de ticket modérateur. En comparaison, une journée en unité palliative hospitalière ou en MRS implique des suppléments de chambre et des frais annexes qui peuvent s'accumuler rapidement.

Ce que la famille peut faire concrètement pour anticiper et réduire le coût

Ne pas attendre l'aggravation pour activer le statut palliatif : c'est le conseil le plus important. Chaque jour de retard représente autant de droits financiers non déclenchés. Le statut prend cours à la date d'envoi de l'Annexe 1 — le cachet de la poste fait foi. Pensez à photographier ou scanner tous les formulaires avant leur envoi pour conserver une preuve. Et depuis début 2026, seul l'envoi papier ou la remise en main propre à la mutualité sont valides.

Les démarches essentielles dès le début de la prise en charge

Voici les démarches essentielles à engager dès le début de la prise en charge palliative :

  • Demander au médecin traitant d'introduire le formulaire « Annexe 1 » dès que les sept conditions du statut palliatif sont réunies
  • Vérifier que chaque prescription mentionne explicitement la nature des soins et la fréquence des passages
  • Demander au médecin traitant de formaliser un Advance Care Planning (ACP) avec le patient — remboursé à 93,14 € — pour consigner les directives anticipées et faciliter l'adaptation des soins au fil du temps
  • Contacter le service social de votre mutualité pour connaître les éventuels forfaits complémentaires — certaines mutuelles, comme Partenamut, octroient 150 € supplémentaires en plus du forfait légal
  • Se renseigner sur le congé palliatif (un mois renouvelable, avec indemnités ONEM) et le congé d'assistance (jusqu'à 12 mois à temps plein ou 24 mois à temps partiel avec indemnités ONEM) pour les proches aidants qui souhaitent assurer une présence continue entre les passages infirmiers tout en conservant, le cas échéant, une activité professionnelle partielle

Le coût réel pour la famille : un reste à charge nul avec le statut palliatif

À propos du coût réel pour la famille : grâce au système du tiers payant, l'infirmière envoie directement sa facturation à la mutualité. Vous ne payez rien lors de chaque passage. Avec le statut palliatif activé chez un prestataire conventionné, le ticket modérateur est supprimé : le reste à charge est donc nul pour les soins infirmiers à domicile. C'est un élément déterminant pour les familles qui comparent le prix du maintien à domicile à celui de l'hospitalisation ou de la maison de repos.

Rappelons d'ailleurs qu'en Belgique, 82 % des médecins généralistes constatent une amélioration significative de la qualité de vie grâce aux soins palliatifs à domicile. Pourtant, seul un patient sur trois qui souhaite rester chez lui y parvient réellement. La différence se fait souvent dans l'anticipation des démarches et la qualité de la coordination entre les intervenants. Or, comme le montrent les données de la revue Infokara, 12 % des équipes de deuxième ligne ne sont sollicitées que dans la dernière semaine de vie — un chiffre qui souligne l'importance d'activer ces ressources au plus tôt.

Conseil : pour estimer le coût global de la prise en charge palliative à domicile, demandez à votre mutualité un devis prévisionnel récapitulant les montants pris en charge (forfaits PA/PB/PC/PP/PN, forfait mutualité, suppression du ticket modérateur) et les éventuels frais résiduels (médicaments non remboursables, matériel spécifique non couvert par le forfait de 827,99 €). Certaines mutuelles proposent également des simulateurs en ligne permettant d'évaluer les droits ouverts selon votre situation. N'hésitez pas à solliciter votre infirmière référente pour vous aider à constituer ce dossier.

Si vous accompagnez un proche en fin de vie dans la région de Couvin ou en Province de Namur, le cabinet Ancart Buttignol peut vous aider à organiser cette prise en charge. Nos infirmières interviennent directement à votre domicile pour assurer les soins de confort, la gestion de la douleur, le suivi médical et l'accompagnement des personnes en perte d'autonomie. N'hésitez pas à nous contacter pour évaluer ensemble la fréquence des passages adaptée à votre situation et vous guider dans les démarches administratives auprès de votre mutualité.