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Quels actes infirmiers en soins palliatifs à domicile peut réaliser une infirmière ?

18/08/2026
Quels actes infirmiers en soins palliatifs à domicile peut réaliser une infirmière ?
Ce que réalise concrètement l'infirmière en soins palliatifs à domicile : soins techniques, matériel et remboursements en Belgique

Près de deux tiers des Belges souhaitent finir leur vie chez eux, mais seul un patient sur trois y parvient réellement. En 2024, 72,6 % des patients palliatifs avaient plus de 70 ans et 54 % souffraient d'un cancer : autant de situations où la question des actes infirmiers en soins palliatifs à domicile se pose avec urgence. Beaucoup de familles ignorent ce que l'infirmière fait concrètement lors de ses passages, quel matériel prévoir, combien cela coûte et si le domicile est un lieu suffisamment sûr pour des soins techniques complexes. À Couvin et dans la province de Namur, le service d'infirmières à domicile Ancart Buttignol accompagne au quotidien des patients en fin de vie, dans le respect du cadre légal belge et avec une attention constante portée au confort de chaque personne.

Ce qu'il faut retenir
  • Le forfait palliatif s'élève à 827,99 € pour 30 jours (renouvelable une seule fois) et entraîne la suppression totale du ticket modérateur pour les soins infirmiers, les visites du médecin généraliste et la kinésithérapie à domicile.
  • Les tarifs des prestations infirmières à domicile (article 8 de la nomenclature INAMI) ont été indexés de 3,34 % au 1er janvier 2025, renforçant le remboursement des soins palliatifs à domicile par rapport à 2024.
  • La démarche d'Advance Care Planning (ACP), réalisée grâce à l'outil PICT, est intégralement remboursée par la mutualité depuis le 1er novembre 2022 (le médecin facture 93,14 € en tiers payant, le patient ne paie rien), ce qui permet d'anticiper et d'organiser les soins bien avant les dernières semaines.
  • Chaque prescription médicale est conservée dans le dossier infirmier pendant au moins 5 ans : tout acte technique est tracé, documenté et vérifiable, garantissant la sécurité des soins à domicile.

Quels soins techniques concrets l'infirmière réalise-t-elle à domicile en soins palliatifs ?

Les soins réalisés en autonomie par l'infirmière (actes B1)

En Belgique, l'Arrêté Royal du 18 juin 1990 classe les actes infirmiers en trois catégories. Les actes B1 sont ceux que l'infirmière peut effectuer en totale autonomie, sans prescription médicale. Cela comprend les soins d'hygiène et de confort, l'aide à la prise de médicaments, ainsi que les soins de plaies simples.

En contexte palliatif, ces soins prennent une importance considérable. L'infirmière assure des soins de nursing intensifs : prévention des escarres par des changements de position toutes les 2 à 3 heures, massages préventifs avec des produits gras, inspection quotidienne de la peau sur les zones vulnérables comme les talons, le sacrum et les omoplates. Elle prodigue aussi les soins de bouche, les soins périnéaux, et veille à l'installation optimale du patient dans son lit ou son fauteuil.

En phase palliative avancée, la fréquence des passages peut atteindre 3 visites par jour, contre 1 à 2 en soins courants. L'adaptation est constante, rapide, guidée par l'évolution de l'état du patient. Cette intensité est ce qui permet de maintenir un confort réel à domicile, comparable à celui d'un environnement hospitalier. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'accompagnement proposé, découvrez notre service de soins palliatifs à domicile à Couvin.

Les soins techniques sur prescription médicale (actes B2)

Les actes B2 nécessitent une prescription médicale comportant l'identification du patient, celle du médecin prescripteur, la date, le numéro INAMI et la signature du médecin. Ces actes techniques constituent le cœur des interventions infirmières en soins palliatifs à domicile.

Parmi les gestes les plus fréquents, la perfusion sous-cutanée — appelée hypodermoclyse — est la technique privilégiée en fin de vie. Elle présente des avantages majeurs par rapport à la voie intraveineuse : moins de risques infectieux, pas de phlébite, possibilité de déconnexion nocturne pour préserver la mobilité et le sommeil du patient. Le débit ne doit pas dépasser 1 500 ml par 24 heures sur un même site d'injection, ni 3 000 ml au total sur deux sites. Un même point de ponction peut être conservé jusqu'à 6 jours en l'absence de réaction locale, avec une rotation obligatoire ensuite. Il existe toutefois des contre-indications strictes à cette technique : insuffisance cardiaque décompensée, troubles de la coagulation, œdèmes généralisés, lymphœdème, peau lésée au site de ponction, état de choc et déshydratation sévère. Le site de ponction doit être changé sans délai en cas de rougeur, induration ou fuite.

L'infirmière administre et surveille également les médicaments antalgiques, y compris les opioïdes comme la morphine ou le midazolam. L'administration peut se faire en continu sur 24 heures grâce à un pousse-seringue électrique, par exemple le modèle Graseby MS26, dont la préparation contient 7 à 9 cc de solution. Un témoin lumineux orangé clignotant une fois toutes les 30 secondes indique un fonctionnement normal — un détail que l'infirmière enseigne aux proches pour réduire leur anxiété.

Les pansements complexes font aussi partie des actes B2 : plaies profondes, ulcères, escarres de stade avancé, avec une durée minimale de 30 minutes par soin. Le débridement d'escarres de décubitus est réservé aux infirmiers gradués ou brevetés. L'entretien des sondes vésicales ou gastriques sur prescription complète ce panel de soins techniques.

Un point souvent méconnu : dès l'introduction d'un opioïde, l'infirmière veille à l'instauration systématique d'un laxatif préventif (osmotique ou stimulant), car la constipation est un effet indésirable quasi-constant. Les laxatifs de lest sont à éviter en contexte palliatif, car ils nécessitent une hydratation orale suffisante que le patient n'est souvent plus en mesure d'assurer.

Les actes C : quand la délégation médicale formelle est indispensable

L'article de l'Arrêté Royal mentionne également les actes C, qui nécessitent une délégation formelle et écrite du médecin. Il s'agit de gestes spécialisés tels que l'administration de chimiothérapie à domicile, la gestion de la ventilation assistée ou encore l'alimentation parentérale. Ces actes requièrent des qualifications spécifiques : l'infirmière doit détenir un Titre Professionnel Particulier (TPP), délivré par le SPF Santé publique après 900 heures effectives de formation. En soins palliatifs à domicile, ces actes restent moins fréquents que les actes B2, mais ils illustrent le très haut niveau de technicité que l'infirmière peut atteindre lorsque la situation clinique l'exige.

Est-ce vraiment sûr de confier des soins techniques complexes à une infirmière à domicile ?

Un cadre légal belge qui sécurise chaque acte infirmier en soins palliatifs

La crainte de nombreuses familles est compréhensible : peut-on réellement gérer des perfusions, des opioïdes ou des escarres complexes en dehors d'un hôpital ? La réponse du législateur belge est sans ambiguïté. L'Arrêté Royal du 18 juin 1990, combiné à la Loi du 14 juin 2002 relative aux soins palliatifs, définit trois catégories d'actes clairement encadrées : B1 (autonomie), B2 (prescription médicale obligatoire) et C (délégation formelle et écrite du médecin).

Seuls les infirmiers gradués ou brevetés peuvent dispenser et attester des soins palliatifs à domicile. Les infirmières peuvent également obtenir une Qualification Professionnelle Particulière (QPP) reconnue par le SPF Santé publique, qui requiert au minimum 73 heures de formation spécifique sur les aspects biomédicaux, psychosociaux, éthiques et juridiques des soins palliatifs. L'obligation de disponibilité 24h/24 et 7j/7, avec accès à un infirmier de référence en soins palliatifs, complète ce dispositif de sécurité. La réglementation belge impose en outre à l'infirmière de conserver les prescriptions médicales dans le dossier infirmier pendant au moins 5 ans : chaque geste technique est ainsi tracé, documenté et vérifiable, ce qui renforce la sécurité des soins à domicile.

La continuité des soins, y compris en l'absence de l'infirmière

Lorsque l'infirmière ne peut être présente (notamment la nuit ou les week-ends), un aide-soignant peut prendre en charge un patient palliatif, à condition qu'un infirmier gradué ou breveté effectue au minimum une visite de contrôle quotidienne. Cette exigence de supervision n'est levée que le jour du décès ou lors de l'admission dans un établissement de soins. Ce dispositif garantit une continuité de la prise en charge sans jamais compromettre la qualité ni la sécurité des soins dispensés.

À noter : En cas d'urgence (dégradation rapide de l'état du patient en dehors des heures de bureau, par exemple), l'infirmière peut réaliser et attester des prestations prescrites oralement, à condition que la prescription soit communiquée par téléphone ou par webcam par un médecin habilité (source : AR du 10.01.2021, M.B. 19/02/2021). Cette disposition lève la crainte légitime des familles face à une situation qui évolue rapidement lorsque le cabinet du médecin traitant est fermé. La prescription orale ne peut toutefois pas se substituer de manière courante à la prescription écrite.

La coordination entre l'infirmière et le médecin traitant : un binôme indispensable

Le médecin généraliste occupe une place centrale. C'est lui qui prescrit les actes B2, les antalgiques (opioïdes inclus), atteste l'état de santé du patient et introduit la demande de forfait palliatif auprès de la mutualité. L'infirmière, de son côté, réalise les soins, surveille l'évolution des symptômes, adapte la fréquence des interventions et consigne chaque prestation dans le dossier infirmier — une obligation légale.

À Couvin et dans toute la province de Namur, les professionnels peuvent solliciter PalliaNam, une équipe de soutien pluridisciplinaire de 2e ligne qui intervient gratuitement et uniquement à la demande du médecin traitant, avec son accord formel, en complément des soins de 1re ligne. Sa composition minimale réglementaire comprend un médecin (spécialiste ou généraliste) à mi-temps, un infirmier gradué à mi-temps et un psychologue à mi-temps. Cette équipe apporte une aide précieuse pour la gestion avancée de la douleur, l'ajustement des opioïdes, le soutien psychologique au patient, aux proches et aux soignants eux-mêmes (PalliaNam propose d'ailleurs des lieux de parole animés par sa psychologue pour les soignants). Un chiffre rassurant : 82 % des médecins généralistes belges constatent une amélioration significative de la qualité de vie grâce aux soins palliatifs à domicile.

Anticiper grâce à l'outil PICT et à l'Advance Care Planning

Beaucoup de familles pensent que les soins palliatifs ne se mettent en place qu'au tout dernier moment. En réalité, l'outil PICT (Palliative Care Indicator Tool) permet au médecin généraliste d'identifier un patient palliatif bien avant que son espérance de vie ne soit inférieure à 3 mois, en évaluant sa vulnérabilité et la sévérité de ses besoins. La démarche d'Advance Care Planning (ACP) qui en découle est, depuis le 1er novembre 2022, intégralement remboursée par la mutualité : le patient ne paie rien, le médecin facture en tiers payant à hauteur de 93,14 €. Cette démarche permet au patient d'exprimer formellement ses souhaits concernant ses soins futurs, en toute sérénité et sans attendre la phase terminale.

Exemple concret : Madeleine Frémal, 78 ans, atteinte d'un cancer du poumon avancé, a été identifiée comme patiente palliative par son médecin traitant grâce au PICT alors que son espérance de vie était encore estimée à plusieurs mois. La démarche d'ACP a permis d'organiser sereinement les soins à domicile : choix du matériel, coordination avec l'équipe infirmière Ancart Buttignol, anticipation du forfait palliatif. Lorsque son état s'est dégradé, tout était en place. Sa fille, Corinne, témoigne : « On n'a pas eu à se battre dans l'urgence. Les soins étaient prêts, le lit était là, l'infirmière connaissait déjà maman. Ça a fait toute la différence. »

Quel matériel faut-il prévoir à domicile et combien cela coûte-t-il ?

Le matériel nécessaire selon les besoins du patient

Anticiper l'installation du matériel est un conseil essentiel. Il est fortement recommandé de mettre en place le lit médicalisé et le matelas anti-escarres AVANT l'apparition d'une escarre, dès que le risque d'alitement prolongé est identifié. Voici les principaux équipements et leurs coûts en Belgique :

  • Lit médicalisé électrique : location entre 80 et 90 €/mois ; certaines mutuelles interviennent jusqu'à 75 €
  • Matelas anti-escarres : classe 2 (mousse viscoélastique, pour alitement supérieur à 15h/jour) ou classe 3 (à air, pour alitement 24h/24), location entre 90 et 120 €/mois + compresseur à 15 €/mois
  • Pousse-seringue électrique (Graseby MS26) pour l'administration continue de médicaments sur 24 heures
  • Pied à perfusion, chaise percée, fauteuil roulant, aérosol — certaines équipes palliatives proposent un prêt de matériel, parfois gratuit hors frais de livraison (environ 25 € pour un lit)

Le choix de la classe du matelas est déterminé par un professionnel de santé à l'aide du score à l'échelle de Norton ou de Braden. Un score inférieur à 14 sur l'échelle de Norton signale un risque élevé d'escarre et oriente vers un matelas de classe adaptée.

Conseil : Avant de commander du matériel, demandez toujours un devis détaillé au fournisseur et renseignez-vous auprès de votre mutualité sur le montant exact de l'intervention complémentaire. Les prix de location varient sensiblement d'un prestataire à l'autre, et certaines mutuelles couvrent jusqu'à 75 € par mois pour un lit médicalisé. Ce comparatif peut représenter une économie significative sur plusieurs semaines de prise en charge.

Forfait palliatif et remboursements : combien coûtent réellement les soins palliatifs à domicile ?

Le forfait palliatif s'élève à 827,99 € pour 30 jours et est renouvelable une seule fois. Il est versé directement au patient pour couvrir partiellement les médicaments, le matériel de soins et les dispositifs médicaux. C'est le médecin généraliste qui introduit la demande auprès du médecin-conseil de la mutualité à l'aide du formulaire « Avis médical pour l'intervention financière pour un patient bénéficiant de soins palliatifs à domicile » (dit « Annexe 1 », téléchargeable sur soinspalliatifs.be ou disponible auprès du médecin traitant). Le paiement du forfait commence dès réception de ce formulaire par la mutualité, à compter de la date d'envoi (le cachet de la poste faisant foi), et non à compter de la date de début des soins. La demande doit impérativement être reçue avant le décès du patient.

Pour en bénéficier, le patient doit remplir 7 conditions cumulatives, parmi lesquelles : souffrir d'une affection irréversible, présenter une dégradation généralisée de son état de santé, ne plus répondre aux traitements curatifs, et exprimer le souhait de rester à domicile. Au-delà du forfait, le statut palliatif entraîne la suppression totale du ticket modérateur pour les soins infirmiers à domicile, les visites du médecin généraliste et la kinésithérapie à domicile. Ces prestations sont donc remboursées intégralement.

Une indexation des tarifs en 2025 qui renforce l'intérêt financier du domicile

Les tarifs des prestations infirmières de l'article 8 de la nomenclature INAMI ont été indexés de 3,34 % au 1er janvier 2025, ce qui impacte directement les montants remboursés par l'assurance maladie obligatoire. Concrètement, les soins infirmiers palliatifs à domicile sont mieux remboursés en 2025 qu'en 2024 : cette revalorisation renforce l'intérêt financier du maintien à domicile par rapport au coût d'une hospitalisation prolongée ou d'un séjour en maison de repos.

L'infirmière a l'obligation de transmettre le formulaire de notification à la mutualité via MyCareNet dans les 10 jours calendrier suivant le début des soins. Par exemple, si les soins débutent le 10 juillet, la notification doit être envoyée au plus tard le 20 juillet. Un retard peut entraîner un non-remboursement rétroactif. Les formulaires et informations pratiques sont disponibles sur soinspalliatifs.be et pallianam.be.

À noter que le maintien à domicile peut s'avérer économiquement plus avantageux qu'une hospitalisation prolongée ou un séjour en maison de repos, grâce à la combinaison du forfait palliatif, de la suppression du ticket modérateur et de la prise en charge des soins infirmiers par l'assurance maladie obligatoire. Des mutuelles complémentaires peuvent également proposer des remboursements additionnels pour les frais non couverts.

À noter : Les patients atteints d'un cancer (soit 54 % des patients palliatifs en Belgique en 2024) qui éprouvent des difficultés à assumer les frais résiduels peuvent bénéficier d'une aide financière de la Fondation contre le cancer. Attention toutefois : cette demande ne peut être introduite que par un travailleur social (de la mutualité, d'un centre de traitement ou du CPAS de la commune), et non directement par le patient ou sa famille. Renseignez-vous auprès de votre mutualité ou du CPAS de Couvin pour connaître les démarches à suivre et obtenir un devis clair de vos frais restants.

Si vous accompagnez un proche en fin de vie à Couvin ou dans les environs, le service d'infirmières à domicile Ancart Buttignol est à votre écoute pour organiser une prise en charge adaptée, en coordination avec votre médecin traitant et les équipes palliatives de la province de Namur. Chaque situation est unique : l'équipe intervient avec discrétion, professionnalisme et humanité, pour que le souhait de rester chez soi puisse se concrétiser dans les meilleures conditions de confort et de sécurité. N'hésitez pas à prendre contact pour échanger sur vos besoins, obtenir une estimation des coûts liés à votre situation et connaître les modalités d'accompagnement.